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Privatiser l’élimination des déchets ne doit pas nuire à l’environnement

17 avril 2026 – Un système de gestion des déchets efficace reposant sur l’économie circulaire est essentiel. Les villes et communes jouent à cet égard un rôle central, inscrit dans la loi.

Matthias Aebischer, conseiller municipal et directeur des ponts et chaussées, des transports et des espaces verts de la ville de Berne, siège aussi au comité de la Conférence des villes pour la mobilité.

 

Toute personne ou entreprise produit des déchets. Il est essentiel de disposer d’un système de gestion des déchets efficaces qui repose sur l’économie circulaire, la préservation des ressources, l’élimination des polluants et la prévention des infections.

 

Les villes et communes jouent à cet égard un rôle central, inscrit dans la loi, et investissent des millions dans une infrastructure écologique couvrant l’ensemble du territoire, avec des points de collecte et une importante flotte de camions-poubelles. Elles créent des emplois sûrs et équitables en collaborant avec le secteur privé, un système éprouvé depuis des décennies.

 

La décision du Parlement d’assouplir le monopole sur les déchets urbains et de reconnaître les organisations professionnelles en les finançant pour éliminer les déchets est lourde de conséquences pour les villes et communes. Après l’exclusion des déchets de balayage des entreprises de plus de 250 collaborateurs du monopole des déchets urbains ; la révision de l’ordonnance sur la limitation et l’élimination des déchets (OLED) pose les jalons pour exclure d’autres déchets du monopole.

 

En effet, l’OLED exigera une simple analyse du cycle de vie prouvant que le tri sélectif est plus écologique que l’incinération, ce qui serait le cas pour toutes les collectes sélectives existantes, de sorte que papier, carton, verre, métaux, textiles ou déchets verts seraient exemptés du monopole.

 

Les villes se retrouveraient cantonnées à collecter les déchets, avec à la clé une dépréciation des infrastructures et des flottes, des pertes d’emplois, une moindre utilisation des capacités et une hausse des coûts. La duplication des structures entraînerait de plus une multiplication des trajets, augmentant l’impact environnemental.

La révision risque donc de créer une situation similaire à celle de l’Allemagne, avec des rôles flous entre les communes, les prestataires privés et les entreprises privées actives à l’international, qui tendent vers un nouveau monopole en rachetant peu à peu les moyennes entreprises de gestion des déchets.

 

Il est crucial de protéger les services de base fournis par villes et communes et de garantir une gestion des déchets efficace, écologique et sur la durée pour tout le territoire.

 

La levée du monopole doit remplir des critères stricts, p. ex. l’obligation d’offrir un service de collecte pérenne et plus écologique que l’actuel. En tout cas, les villes et communes doivent être associées aux organismes de collecte et codécider les dérogations au monopole.

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