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«Ce qui est décisif, c’est que les villes offrent un espace d’innovation tout en préservant leur qualité de vie.»

6 mai 2026 – Au bout de 15 ans, Raphael Lanz quitte ses fonctions de maire de Thoune pour devenir conseiller d’État du canton de Berne. Il quitte ainsi également le comité directeur de l’Union des villes suisses. De quoi auront besoin Thoune et la Suisse urbaine dans l’avenir?

Le parc Elisabeth-Müller montre à quel point les espaces publics peuvent changer. Sous Raphael Lanz, la Ville de Thoune a transformé cet espace; il est désormais plus vert, abrite plus de biodiversité et offre davantage de qualité de vie. Autre exemple de transformation de l’espace public: le parking du Schlossberg. Selon Raphael Lanz, il a permis de transformer la vieille ville en zone piétonne. Raphael Lanz souligne que cela s’est fait sur la base d’un large compromis soigneusement négocié au niveau politique. Raphael Lanz attache beaucoup d’importance à la communication avec la population. Tout particulièrement lorsqu’il s’agit de processus de transformation, il y a besoin de transparence, de dialogue et de repères. La crise du journalisme local a rendu cette tâche difficile.

 

Par ailleurs, Thoune a radicalement réorganisé le régime de circulation dans le centre-ville, et de nombreux bâtiments neufs et développements de quartier ainsi que le réseau de chaleur à distance témoignent du développement dynamique de ces dernières années.

 

Mais quels sont les défis auxquels seront confrontées Thoune et la Suisse urbaine dans l’avenir? Une des principales difficultés est la raréfaction des logements. Il se pose la question de savoir comment Thoune saura gérer la croissance pour que celle-ci soit socialement soutenable et préserver son identité dans le contexte du tourisme. Raphael Lanz le constate: «Les villes doivent pouvoir se développer sans perte de qualité de vie.» Par ailleurs, les préoccupations de Thoune portent sur le changement climatique, la transformation de la mobilité ainsi que la croissance des exigences posées à l’infrastructure et aux offres sociales. Pour Raphael Lanz, il est indispensable de penser toutes ces questions en réseau et de laisser aux villes suffisamment de marge de manœuvre.

 

Or concernant ce dernier point, l’Union des villes suisses a selon lui une importance capitale: elle est la voix de la Suisse urbaine, permet les échanges techniques entre les villes et encourage les solutions communes. Interlocutrice de la politique nationale, l’Union des villes suisses veille à ce que la perspective des villes soit systématiquement intégrée aux processus décisionnels, comme le prévoit la Constitution fédérale. Raphael Lanz souligne que de nombreuses décisions fédérales concernent les villes directement. Et dans ces décisions, justement, l’Union des villes suisses donne aux préoccupations urbaines du poids et de la visibilité. Raphael Lanz souhaite que dans l’avenir aussi, cette démarche reste libre de toute idéologie, orientée vers les solutions et pragmatique.

 

Si Raphael Lanz pouvait formuler un vœu, ce serait que les villes prennent à bras-le-corps les défis de leur époque et puissent se développer sans perdre leur identité. Selon lui, cela réussira si les villes restent des lieux animés où l’on vit, travaille et se rencontre: des lieux avec des logements de haute qualité, des offres culturelles et de formation attrayantes, des emplois innovants et une bonne accessibilité. «Ce qui est décisif, c’est que les villes offrent un espace d’innovation tout en préservant leur qualité de vie. Les villes attrayantes sont celles qui allient ouverture d’esprit, durabilité et dynamisme économique.» Raphael Lanz souhaite en outre que les villes et l’espace rural ne soient pas considérés comme des opposés mais comme des parties interdépendantes d’un tout, qui fait de la Suisse ce qu’elle est.

 

Photo: Stefan Marthaler

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