Les villes dans les médias – De la fraîcheur en milieu urbain
La lutte contre les îlots de chaleur passe par une redéfinition de la perméabilité des sols, illustrée par le concept de « ville éponge » mis en œuvre par exemple à Regensdorf. Dans le quartier Zwhatt, les aménagements privilégient l’infiltration directe des eaux de pluie dans le terrain naturel via des revêtements drainants plutôt que leur évacuation vers les égouts, limitant ainsi la surchauffe et les risques de crue (Zürcher Unterländer, 08.05.2026). D’autres villes comme Interlaken prévoit de supprimer des places de parc pour créer des espaces verts ombragés (Berner Oberländer, 07.05.2026). À Bienne, la municipalité privilégie désormais la transformation de surfaces bitumées ou de places de stationnement en espaces de rencontre perméables et arborés, une approche qui permet de désengorger les réseaux d’évacuation tout en favorisant le rafraîchissement naturel des zones résidentielles (Bieler Tagblatt, 29.04.2026).
L’efficacité de cette transition dépend non seulement de la municipalité, mais également de l’engagement des particuliers, car une grande partie des surfaces en ville appartient à des propriétaires privés. Des villes comme Schaffhouse ou Lausanne ont lancé des programmes de verdissement de la ville et de ses toits (« Natürlich Schaffhausen », « Objectif Canopée »). Ces programmes proposent des conseils et des subventions pour inciter les propriétaires à verdir leurs toits ou à protéger les arbres se trouvant sur leur parcelle. Cela permet d’une part de rafraîchir la ville et d’autre part de favoriser la biodiversité (Schaffhauser Nachrichten, 11.05.2026, 24 Heures, 15.05.2026). La pérennité de ce patrimoine vert repose parfois aussi sur l’engagement direct des citoyens, à l’image du programme « Stadtnatur Winterthur » où des bénévoles encadrés par des experts créent des prairies fleuries et entretiennent des structures pour la biodiversité. Cette mobilisation bénévole permet de réaliser des travaux de soin à la nature qui dépasseraient les budgets ordinaires, tout en transformant les participants en ambassadeurs capables de diffuser ces pratiques écologiques dans leurs propres jardins et quartiers (Der Landbote, 24.04.20026).
Commentaire: Katrin Bernath, conseillère municipale chargée de l’urbanisme de la ville de Schaffhouse
Les records de températures enregistrés cette année confirment ce que les scénarios climatiques annoncent depuis déjà longtemps : les épisodes de forte chaleur deviendront plus fréquentes et les villes seront particulièrement exposées. Les surfaces imperméabilisées et les constructions denses en milieu urbain forment des îlots de chaleur. Le rafraîchissement des espaces urbains devient une mission cruciale. Comme dans d’autres villes, la stratégie climatique de la Ville de Schaffhouse s’appuie sur une planification et une construction adaptées au climat ainsi que sur le principe de la ville éponge, qui permet de mieux stocker, laisser s’évaporer et utiliser l’eau à des fins de rafraîchissement sur le territoire urbain.
Si les mesures nécessaires à cet effet sont bien connues, leur mise en œuvre comporte toutefois de nombreux défis. Le réaménagement de l’espace urbain débouche sur une redistribution des utilisations. Celle-ci est particulièrement source de polémiques quand il s’agit de revoir l’utilisation des places de stationnement. Le besoin de coordination entre les différents intérêts et utilisations augmente, et avec lui les besoins en personnel.
La planification et la réalisation de mesures d’atténuation de la chaleur impliquent des besoins de financement considérables. Alors que la protection contre les crues, tâche transversale de la Confédération et des cantons, bénéficie d’un cofinancement, le coût de l’atténuation de la chaleur doit être supporté par les villes. Compte tenu du danger que font peser les canicules sur la population, la responsabilité doit être partagée par tous: personnes individuelles et entreprises tout comme villes, cantons et Confédération.
Disclaimer: Avec le format « Les villes dans les médias », l’Union des villes suisses aborde un thème pertinent pour les villes, qui a été largement traité par les médias ces derniers temps. Ce résumé se base sur les articles parus dans la revue de presse de l’UVS. Une voix issue de l'association donne son point de vue personnel. Ce commentaire spécifique ne reflète pas nécessairement la position officielle de l'association.
