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«Les villes veulent faire face aux besoins croissants»

27 juin 2023 – «Aarau est une ville de taille moyenne particulièrement attrayante», dit Hanspeter Hilfiker, maire d’Aarau, ville hôte de l’édition 2023 de la Journée des villes. Dans notre interview, il explique que l’espace public et la mobilité se trouvent dans un vaste processus de transformation.

Pourquoi les représentant·e·s des villes doivent-ils aller à la Journée des villes à Aarau?   
Pour de multiples raisons: d’une part, Aarau est une ville de taille moyenne particulièrement attrayante, qui a beaucoup à offrir mais n’est pas aussi connue que la plupart des villes touristiques. Ensuite, le thème de cette année offre beaucoup matière à discussion – et ce, me semble-t-il, pour vraiment toutes les villes suisses. Et enfin, la Journée des villes est toujours une excellente plateforme pour échanger sur les thématiques actuelles du paysage des villes suisses. 

Cette année, le thème de la Journée des villes est «Repenser les espaces publics et la mobilité». Pourquoi ces domaines doivent-ils être repensés? 
L’espace public comme la mobilité se trouvent dans de vastes processus de transformation et doivent répondre à beaucoup d’exigences, qui parfois se recoupent, parfois se complètent, mais parfois aussi se contredisent. La méditerranisation de notre vie fait que de plus en plus de gens séjournent dans l’espace public pour s’y adonner à des activités de plus en plus nombreuses: de la restauration aux manifestations sportives et culturelles en passant par le commerce et l’artisanat. Parallèlement, on assiste à une multiplication des modes de mobilité possibles: outre les TP et le TIM, il va falloir augmenter la part de la mobilité douce, tout se joue dans l’espace public, qui n’est pas disponible de manière illimitée. Il va donc s’agir de «repenser» l’espace public et la mobilité. 

Il y a donc des changements décisifs. Quels défis impliquent-ils pour les villes?   
Les villes veulent faire face aux besoins croissants de la population et des visiteuses et visiteurs en matière d’espace public et de mobilité. L’enjeu consiste à harmoniser les besoins de la restauration, du commerce de détail ainsi que du marché et des évènements avec les besoins en espace des TP, du TIM et du trafic piéton et cycliste; en même temps, il s’agira d’améliorer la qualité de séjour dans l’espace public, tout en continuant à garantir la sécurité. 

Comment Aarau réagit-elle spécifiquement à cela?   
Par une multitude de projets que nous espérons bien coordonnés: d’une part, nous sommes en train de mettre en place un réseau cyclable ininterrompu qui, si possible, fonctionnera séparément du trafic piéton, par exemple au niveau de la nouvelle Kettenbrücke. Parallèlement, nous travaillons sur des revalorisations ciblées de l’espace public dans le centre, par exemple au niveau de la gare, autour du marché couvert ou au Graben, avec de nouveaux sièges, des végétalisations et des ouvertures ou par exemple des agrès pour les enfants. Enfin, nous soutenons de nouvelles formes de mobilité pour notre population et l’économie locale avec des projets de mobilité tels que MONAMO, en proposant des modèles de partage de vélos et de voitures. Parallèlement, nous recherchons des moyens de bannir les bus de la vieille ville tout en desservant bien le centre. 

Y a-t-il des domaines où Aarau peut à l’inverse apprendre quelque chose? 
À Aarau, nous sommes bien sûr curieux de connaître les conclusions auxquelles parviennent d’autres villes en matière de diversité d’utilisation de l’espace public. La Journée des villes est une plateforme idéale pour échanger ces expériences. Les questions complémentaires qui nous préoccupent actuellement sont par exemple celle de savoir dans quelle mesure ces développements sont influencés positivement par les processus participatifs, comment nous pouvons aborder de manière adéquate les aspects relatifs à la sécurité ou comment nous pouvons débarrasser la zone piétonne des transports publics tout en assurant une bonne desserte, en particulier dans la vieille ville. 

Où voyez-vous votre ville d’Aarau dans 10 ans? 
Pour moi, Aarau sera dans 10 ans une ville parfaitement desservie dans laquelle tous les usagers de la route trouveront d’excellentes infrastructures. Le centre-ville disposera d’espaces publics dotés d’un aménagement de haute qualité, avec beaucoup de verdure, une ambiance urbaine et une offre diversifiée de restauration, de commerce de détail, d’évènements et de séjour. Les essais en cours ont fait leurs preuves et ont été pérennisés, par exemple dans la Bahnhofstrasse et dans la Vordere Vorstadt. Et il n’y aura plus nulle part de «points chauds» en matière de sécurité ni de problèmes de littering.:). 

 

Dr. Hanspeter Hilfiker (PLR) a été élu maire d’Aarau en 2017. Entre 2014 et 2017, il a fait partie du gouvernement de la ville et dirigeait le département de la Culture et du Sport. Auparavant, il a siégé pendant 10 ans au parlement de la ville (conseil municipal d’Aarau).

 

Hanspeter Hilfiker a fait des études d’économie d’entreprise à Saint-Gall et les a achevées avec le titre de docteur en économie HSG. Il a travaillé dans diverses réassurances au niveau de l’encadrement.

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